Prendre rendez-vous en ligneDoctolib

Covid-19, un rite de passage grandeur Nature

Psychothérapie en Analyse Psycho-Organique à Vannes, Morbihan

Covid-19, un rite de passage grandeur Nature

Rencontrer son vide intérieur - Source : (c) Natalia Figueredo - Unsplash

Coupés dans nos routines, chacun chez soi, nous sommes depuis mi-mars 2020 tous reliés par le vécu simultané d’une expérience déstabilisante. Nos émotions se laissent à voir, se disent, les coeurs s’ouvrent. Dans cette universalité de pandémie du covid-19, se révèlent dans le même temps nos intimes singularités. Tous la même expérience, et pourtant, à chacun son expérience. 

Extérieur / Intérieur – voir derrière les masques

 Tomber le masque.  Source : (c) Neonbrand / Unsplash.
Tomber le masque. Source : (c) Neonbrand / Unsplash.

Par le confinement nous redécouvrons des espaces oubliés chez nous. Comme nous nous confrontons à des espaces émotionnels auxquels nous ne pouvons nous soustraire. 
Dans le même temps, par les visios / appels vidéos, nous voyons les intérieurs des autres. Du salon, aux enfants qui passent, nous faisons connaissance, véritablement.

Des artistes qui offrent des concerts depuis leurs salons, des journalistes qui parlent depuis leur cuisine, des collègues qui travaillent de chez eux… : le lien virtuel nous laisse à voir l’intimité de nos vies physique, mais aussi psychique. 

Depuis combien de temps notre société était elle gouvernée par le paraître ? Par le reflet de ce que nous voulions laisser à voir de nos extérieurs ? 

Du Yang au Yin. 

Depuis très longtemps notre énergie de vie était tournée vers notre déploiement extérieur, dans l’exacerbation de nos énergies “yang”, au point de nous rencontrer par cette vie extérieure : “qu’est-ce que tu fais comme métier ? C’est quoi ton dernier voyage ? Quels sont tes dernières sorties ?” entamaient nos mises en relations. Nous nous définissions les uns les autres par notre rôle social, par le métier que nous avons – ou pas -, par nos voyages et loisirs extérieurs.

En quelques jours, ces questions ont laissé place à de nouvelles interactions : “comment vis-tu ce confinement ? Comment te portes-tu ? ça va ta santé ? Comment vis-tu tes journées ? As-tu besoin de quelque chose ? Ah bon tu joues du piano, tu chantes, tu dessines ? Prends-soin de toi.”

Nous (re)découvrons les talents de personnes que nous pensions connaître. Nous découvrons nos zones de vulnérabilité. Plus encore, nous osons parler de nos peurs et nos difficultés, de nos limites et de nos vécus intimes que nous ne pouvons cacher. Nous nous intéressons vraiment à comment va l’autre. Ou même nous nous inquiétons que nos proches ou moins proches puissent être touchés par ce virus du covid-19. Nous développons notre empathie pour ceux qui sont seuls, pour ceux qui sont épuisés, pour ceux qui sont touchés par cette maladie qui touche ou touchera forcément quelqu’un que l’on connaît directement. En conclusion, nous sommes plus en lien du coeur, et moins en lien de raison, d’évaluation. Nous prenons le temps de nous rencontrer dans notre humanité. Notre énergie yin nous invite à accueillir ce qui se passe en nous, et à accueillir l’autre dans ses émotions. 

Cap sur l’essentiel

Ce virus met à l’arrêt notre course à travers le monde pour nous imposer un repli sur soi, salutaire.  Ce petit virus agit comme un révélateur de conscience de ce qui nous est profondément essentiel ou nous forçant à lâcher prise sur le superficiel qui s’évanouit d’un battement de paupière.

Certains métiers parmi les plus valorisés, parfois payés des sommes astronomiques, se retrouvent relégués au chômage technique. L’énergie qui y était accumulée boulimiquement se révèle d’un coup plus vitale à orienter vers nos forces intérieures essentielles, enfin !,diront certains. 

Ce virus nous contraint à remettre notre énergie vers l’intérieur.

  • Vers le soin de nos besoins essentiels à l’échelle de la société.
  • Nous nous réapproprions l’intérieur de nos maisons. 
  • Plus de considération est apporté à nos familles. 
  • Nous écoutons l’intérieur de nos corps. 
  • Le coeur de notre âme.

Ces tâches souvent déléguées à des personnes extérieures pour nous permettre de vivre encore plus à l’extérieur nous reviennent en responsabilité : ménage, repas, école, jeux avec les enfants… 

D’un coup, ce n’est plus tant la silhouette en maillot de bain de notre corps extérieur qui nous importe maintenant mais la qualité de notre système immunitaire et de nos organes internes. Que nos poumons aillent bien. Que notre respiration soit douce et agréable. A polluer notre air et à courir du matin au soir, dans la course effrénée d’une activité à l’autre, nous en avions oublier combien respirer paisiblement est précieux et essentiel. Ce coronavirus remet sa couronne à nos poumons, intérieurs comme extérieurs. 

Privés de sorties, nous ressentons notre besoin de Nature. Ceux qui ont un jardin savourent leur chance, les citadins rêvent d’échappées dans des parcs ou de rejoindre des maisons secondaires se révélant finalement besoin primaire. Le seul extérieur véritablement essentiel se révèle. 

Covid-19 nous invite à faire “avec” (co) le vide (vid).

Rencontrer son vide intérieur - Source : (c) Natalia Figueredo - Unsplash
Rencontrer son vide intérieur – Source : (c) Natalia Figueredo – Unsplash

Ce virus nous fait changer notre regard sur cet intérieur que nous avons rempli de tant d’extérieur non essentiel. Ce virus nous dit neuf (19) = nous dit d’apporter du neuf à notre intérieur. A faire le vide de l’inutile pour respirer un air neuf, à nous remplir de ce qui est bon et essentiel pour nous. 

Jusqu’au débarquement de covid-19, nos vies étaient mises en mouvement par nos agendas, notre besoin d’argent, nos envies d’ailleurs. 

Avec ce confinement à la durée imprévisible, d’un coup la notion du temps s’évapore. Exit la planification des projets, événements et vacances. L’important, l’indispensable, devient le nouveau cap de nos boussoles, avant orientées vers l’urgent ou le devoir. 

  • L’essentiel du coeur prend le pas sur le matériel. Prendre soin “quoi qu’il en coûte”
  • L’être sur l’avoir. 
  • L’intérieur devient la base de notre sécurité car l’extérieur est devenu menaçant.
  • Les frontières sont abolies, la notion de territoire aussi. 

Tous les repères d’espace / temps / argent volent en éclat. 

En bref, ce virus du covid-19 nous impose d’en faire le deuil, chacun à notre rythme et à notre façon. 

Le vide, ce bref instant d’éternité où le temps et la matière sont suspendus. Un vide plein de peurs qui une fois vidées devient un espace plein de potentialités. A nous de choisir comment nous voulons le remplir, le rendre vivant. 

Vie-mort-vie, le cycle de la vie. 

C’est toute l’opportunité que je vois se dessiner dans cette épreuve. 

Oui, car derrière nos peurs, révoltes et nos larmes se cachent nos besoins les plus précieux. Ce sont des étapes nécessaires que de sentir ce que nous devons lâcher comme peurs pour laisser place à l’en-vie.

Bien-sûr, certains l’avaient déjà senti, ce mouvement est en marche depuis quelques temps déjà, en témoigne l’essor depuis plusieurs années des pratiques comme le yoga, de la méditation de pleine conscience, des thérapies, des retraites, des coachings en rangement et en qualité de vie… : l’appel du covid-19 nous y pousse plus encore. 

De la peur à la joie : l’antidote au covid-19

Je vous recommande sur ce thème le passionnant documentaire de 2017 “De la peur à la joie”

Nous sommes plus que jamais appelés à vivre dans l’instant présent, à écouter nos corps et nos coeurs, à accueillir nos peurs à rassurer, nos angoisses à transformer, pour nous laisser sentir ce qui nous fait nous sentir bien, chez nous, en paix et en joie. 

Que ce soit un appel d’une cousine ; un message d’amis ; un dessin d’enfant ; avoir rangé son salon ; avoir osé se faire une recette culinaire qui nous paraissait inaccessible ; se lever le matin pour regarder le lever du soleil avec le concert des oiseaux ; danser et chanter pour le seul plaisir de sentir son corps bouger et vivre ; savourer les légumes du producteur du coin ; le pain du boulanger – ressentir dans nos tripes la valeur de ces travailleurs essentiels à notre vie, ressentir notre coeur rayonner et nos poils se dresser, nos larmes couler à entendre les voisins ou internautes se relier pour honorer ceux qui prennent soin de nous et nous protègent… 

Laissez vous expérimenter ce passage, observez finement ce que chaque journée vous apprend sur vous. Il est normal de vous sentir déstabilisé. L’écoute d’un thérapeute peut naturellement vous aider à traverser ce passage pour en faire une occasion d’évolution profonde et enfin vous débarrasser de schémas anciens devenus souffrants ou obsolètes. C’est l’occasion de dire stop, de dire non à ce qui vous encombre pour pouvoir dire oui à ce qui est bon et à quoi vous aspirez, profondément.

Tous ces plaisirs vont devenir nos nouveaux repères. Les repères du coeur. 

Nourrissons nos coeurs de ces essentiels. Ce seront nos véritables moteurs de demain. 

Covid-19 : Un rite de passage, vers sa Nature.

Comme tout rite de passage, ce covid-19 nous invite à l’expérience transcendantale de dépasser nos peurs, à faire le deuil d’un avant à laisser derrière soi, mais pour y découvrir de nouvelles capacités en soi, de nouvelles ressources, plus de confiance en soi et une conscience élargie sur la vie. C’est une invitation à grandir, à entrer dans un nouveau territoire, une nouvelle dimension. En bref, une renaissance. 

Alors, laissons-nous fleurir de l’intérieur, nous avons tous à y gagner pour vivre plus en harmonie avec notre intérieur et donc avec l’extérieur. C’est déjà ce que nous racontait Carl Gust Jung dans son livre rouge avec ce texte émouvant des leçons de vie d’un capitaine à son matelot bloqué à bord en quarantaine en pleine épidémie de peste.

N’est-ce pas une délicieuse invitation que cet épisode covid-19 se passe au moment même de l’éclosion du printemps ?  

Envie de savoir comment faire alors pour que cette épreuve devienne une opportunité ? Je vous invite à lire mon article : De l’impuissance à la résilience

Semer les graines de printemps intérieur / Source : (c) Dawid Zawila - Unsplash
Semer les graines de printemps intérieur / Source : (c) Dawid Zawila – Unsplash
Partagez ou suivez mon actualité sur :

 

3 réponses

  1. Bonjour Solen,
    Très bon article, une belle façon de s’adapter à cette pandémie, oui en effet cela donne du temps à changer nos habitudes et nos façons de réfléchir…

    C’est une remise en question planétaire sur nos façons de vivre et sur tous les sujets qui impact la planète, la faune, la flore…

    J’espère qu’après cette pandémie, et du retour de la nature sur l’homme, nos politiques prendront de nouvelles et bonnes résolutions, concernant l’industrie, la pollution, l’économie, le réchauffement, les services publics…

    • Solen Lombard dit :

      Merci Michel pour votre commentaire. Oui, c’est à nous d’incarner le changement que nous voulons pour que nos industries, services, politiques soient à notre image. Les organisations suivent les tendances de consommation, à nous de changer les tendances 😉 Cela nécessite un travail préalable de visualisation que nous pouvons tous faire : quel monde, quelle société, quelle harmonie avec la nature voulons-nous concrètement voir s’incarner ?
      Qu’est-ce que je suis prêt.e à lâcher de mon monde connu pour cela ? Suis-je prêt.e à payer + ce que j’achète ? suis-je prêt.e à gagner moins ? à moins me déplacer ? … autant de questions essentielles qui nous concernent tous, de l’individu aux chefs d’entreprises, aux politiques.

      • Bonjour Solen,
        Oui merci pour ta réponse, certes nous devons incarner le changement, c’est tout à fait juste ! Mais il y a aussi un effort à faire du coté des dirigeants et gouvernants qui régissent la politique et l’économie de notre pays…

        Bref, je ne vais pas me lancer sur des débats politiques, ce n’est pas le thème du blog…
        Encore merci et à bientôt ! 😉
        Michel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *